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Un tribunal français doit statuer sur le cas de l’enfant qui a été tué par balles dans les bras de son père

samedi 7 janvier 2012 - 07h:43

Saed Bannoura

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Un tribunal français doit examiner le cas de Mohammad Ad-Dorra, 12 ans, qui est mort de plusieurs balles le 30 septembre 2000, alors que son père essayait de le protéger avec ses bras des tirs des soldats israéliens. Le père avait été gravement blessé par plusieurs séries de tirs.

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Le petit Mohammad ad-Dorra essayant de se protéger des tirs des soldats israéliens, juste avant de se faire tuer dans les bras de son père...

Il y a 11 ans, le reporter français Charles Enderlin a assisté à la fusillade et lui et son caméraman palestinien Talal Abu Rahma, ont enregistré l’incident. Enderlin a été plus tard accusé d’avoir fabriqué la vidéo en dépit du fait que la fusillade avait eu lieu en plein jour et en présence de plusieurs personnes, dont des reporters, qui avaient aussi été témoins des faits.

Mohammad Jamal Ad-Dorra est né le 22 novembre 1988, et a été tué par balles le 30 septembre 2000. Lui et son père marchaient dans la rue de Salah Ed-Deen à Gaza.

Quand la fusillade a commencé, ils ont essayé de se protéger derrière un tonneau de béton et le père a fait des signes aux soldats pour leur indiquer qu’il était un civil avec un enfant mais les tirs ont continué.

Le père n’a pas réussi à protéger son enfant et tous deux ont été touchés par plusieurs séries de tirs à balles réelles.

Deux semaines plus tard, le caméraman de France 2, Talal Abu Rahma, a signé une déclaration sous serment stipulant que les soldats israéliens avaient délibérément tiré sur l’enfant et son père.

Il a aussi affirmé que les soldats avaient tiré sur l’enfant "pas une seule mais plusieurs fois". Il a ajouté que les soldats tiraient aussi sur des policiers palestiniens et sur un poste de police palestinien situé à 30 mètres de là.

Ad-Dorra a été tué par balle quelques jours après le début de la seconde Intifada palestinienne. Le soulèvement s’est déclenché après que l’ancien premier ministre israélien, Ariel Sharon, se soit rendu à la Mosquée Al Aqsa, dans Jérusalem Est occupée, avec ses gardes du corps, en manière de provocation.

Selon France 2, le reporter Charles Enderlin et son caméraman palestinien, Talal Abu Rahma, ont enquêté de manière exhaustive sur la fusillade et ont confirmé l’authenticité de leur enregistrement initial qui montre que ad-Dorra et son père avaient été touchés par des soldats israéliens, [le petit Mohammad étant tué].

Ces pénibles images d’une père qui tente de protéger son enfant qui est tué, sont désormais bien connues dans le monde entier et témoignent de la propension israélienne à prendre des civils pour cible.

En réponse à la réprobation internationale qu’à suscitée la vidéo, Israël a affirmé à plusieurs reprises que les balles qui ont tué Ad-Dorra ne venaient pas de la direction où se trouvait l’armée, et des lobbys sionistes ont même été jusqu’à prétendre que la vidéo et les images étaient des faux.

En 2004, Philippe Karsenty, le fondateur de "Media Ratings" a publié plusieurs reportages et vidéos niant que l’enfant ait été tué par balles et affirmant même que l’enfant "n’était pas mort et qu’on l’avait vu acheter des tomates dans un marché de Gaza."

En 2007, une procédure judiciaire a été lancée contre France 2 en alléguant que la vidéo était un faux. La chaîne française a répondu qu’il s’agissait d’une manoeuvre pour détourner l’attention internationale de souffrances humaines indéniables.

En novembre de la même année, France 2 a attaqué Karsenty en diffamation après que celui-ci ait ouvertement accusé la chaîne d’avoir "monté un canular" ; France 2 a gagné le procès mais Karsenty a fait appel et la Cour d’Appel a demandé à voir la vidéo en entier.

France 2 a tout de suite remis à la Cour d’Appel la vidéo de la fusillade qui dure 18 minutes, mais la Cour d’Appel n’a pas examiné le contenu de la vidéo ni aucune autre preuve de la fusillade.

Au contraire, la Cour d’Appel a rejeté l’accusation de diffamation en disant que Karsenty avait "exercé son droit à la critique et n’avait pas outrepassé ses droits."

France 2 a fait appel de ce rejet et l’affaire sera rejugée en février prochain.

5 janvier 2012 - IMEMC et Agences - Pour consulter l’original :
http://www.imemc.org/article/62775
Traduction : Info-Palestine.net Dominique Muselet


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